Vendredi. 12h00. Les réunions sont terminées. Avant de prendre l'avion pour Metro Detroit Airport il reste quelques heures a tuer. Voiture de location et boite automatique sous le pied, soleil au beau fixe. C'est parti pour un grand tour sur les bords du plus petit des Great Lakes.
Des paysages défilent. La campagne puis de magnifiques maisons de maitre dans des quartiers huppés. Le lac n'a pas de rivage perceptible à l'horizon. On dirait une mer.
Puis sans crier gare la transition est là. Juste le temps d'un regard qui quitte une maison au style victorien pour se poser sur le pare brise du conducteur. Une seconde. Mes yeux se relévent. Un homme est assis sur trois marches d'escalier. On distingue un ancien batiment public. Une clinique de charité, un hopital public moribond. Un terrain vague puis dix magasins a l'abandon. Planches de bois en guise de vitrages. Peu de passants. Tous noirs. On sent la pauvreté.
Notre plan initial était d'aller sur une ile proche du Canada. Au croisement c'est impossible. Traffic jam. Le pont 2 X 3 voies, herculéen, est fermé à la circulation. Un flic nous l'apprend. On ne passe pas.
Le calme des quartiers bourgeois fait place a Detroit Downtown. Des jeunes blacks jouent à montrer leurs voitures. Sonos de basses assourdissantes qu'on distingue dans notre propre voiture aux fenétres fermées. Une station service. Des jeunes en bandes flambent devant des nanas en maillots de bain. On ne comprend pas tout de cette agitation.
Nous ferons un plein prés de l'Université of Detroit qui promet un avenir enchanteur à tous sur une affiche 4 x 3. Voeux pieux. On nous parlait d'un quartier dangereux. Rien de cela, on se croise, certains nous disent même bonjour en croisant nos regards d'européens curieux.
Puis plus loin General Motors et son building exposent un rempart de civilisation. Des militants alter mondialistes vendent quelques ouvrages aux passants, devant la public library. On discute. J'aime bien cette nana avec son pantalon pattes d'eph. Detroit est sinistrée. Abandonnée par la crise économique. Une ville fantome, désaffectée qui se reconstruit péniblement. Tout est gigantesque. Les abris bus sont défoncés. On croise tour à tour des beautés fatales, des sportifs et des joggers, des blacks ou des clochards.
Sans voix. Let's see c'est l'heure du photoshoot.
First time in America, what a shock !
@+, Bek
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