Donc ca se passe à la maniére du docu-fiction. Une cellulle de 9m2 c'est l'espace auquel ont droit deux détenus en maison d'arrét. Ca fait pas grand. Les cinéastes ont ouvert un club vidéo / ciné au sein de la prison des Baumettes de Marseille. Plusieurs détenus y participent puis vient l'idée de réaliser une fiction sur la vie quotidienne à deux en cellule. Hors de question d'utiliser une cellule habituelle mais on reconstruit cet univers en studio.
Quelques scénarios sont écrits qui retranscrivent les tranches de vie de l'univers carcéral : premiers contacts, la propreté, le sexe, les confidences, les engueulades, l'amitié virile, etc ...
Les détenus filment ou se filment en mini-DV. On rencontre des figures récurrentes comme ce détenu lettré ou 'le culturiste'. Les dialogues abordent l'actualité (via le retour d'un procés expéditif), l'enfermement (peu) et la vie au dehors, l'aprés taule. On rit, on ne pleure pas et on ne plaint pas.
Ca se laisse voir et méme si on connait a priori le théme on est surpris de la vivacité avec laquelle le sujet est filmé. On se convainc rapidement que les détenus sont la pour purger leurs peines et qu'ils ne sont en aucun cas victime d'un systéme. Ils se sont fait prendre comme on dit.
Des tranches de vie se succédent autour des thémes de l'intendance et des cafés ou scéances de scrabble partagées. La vision qu'il en ressort, sans étre angélique non plus, et qu'il n'ont pas une vie anormalement dure. Des SDFs s'en tirent moins bien. Etait-ce là un but du réalisateur ou un effet fortuit ? Je pencherai pour la seconde proposition.
Ca ouvre une réflexion sur l'incarcération et son utilité. La ca n'apparait pas vraimment évident. On voit des hommes qui semblent attendre, attendre. Une privation de liberté pour un temps comme unique peine. On aimerait en savoir plus sur les tentatives de réinsertion. Car franchement si punir c'est seulement enlever de la liberté pour un temps on en percoit que trés peu l'intéret. Y a -t-il des alternatives ? je crains fort que non. Sans dire que sont des coqs en pate ils ne vivent pas si mal que cela et peut étre y a t il pire comme existence en France que celle d'un détenu. La ca serait le constat le plus triste : des hommes libres vivent plus mal que ceux qui ont enfreint notre contrat social. Autre réflexions ...
En tout cas ce n'est pas à ce niveau de réflexion que '9m2 pour deux' se situe. Le film démontre que bien qu'incarcéré et privé de leurs droits les détenus se révélent fort intelligent et sensibles. C'est déja ca. Le film se clot sur un détenu tout retourné regardant une éjaculation faciale sur la TV de sa cellulle. La est peut étre le manque primordial. Quand on pense aux violeurs et autres malades qu'on enferme (qu'on isole du monde) sans autre démarche curative, là on se prend à avoir peur de leur sortie.
Un témoignage qui cependant se laisse facilement voir. Peut étre méme un peu trop léger et humoristique.
@+, Bek
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