Deux jeunes adultes donnent naissance à un enfant. Elle, trés amoureuse, le raméne au pére. Ils sont pauvres et ne vivent que de vols et rapines à la petite semaine perpétrés par le pére. Ils tuent le temps en dilapidant leurs butins. Arracher aux autres et l'oisiveté pour vivre une part de réve sur papier glacé.
Sans aucune arriére pensée; sincére avec sa logique propre, le pére vend son fils à des trafiquants d'enfants une aprés midi. En montrant fiérement la liasse de billet qui résulte de l'échange il annonce à la mére "on en fera un autre" ...
Les films des fréres Dardenne sont toujours apres. Ici la peinture réaliste de la grande pauvreté fait office de critique sociale avec une touche d'espoir bien légére. Seule la scéne finale et le remords du pére laisse entrevoir des lendemains meilleurs.
On peine à choisir : le désespoir devant la condition d'étres démunis et sans repéres, la peur devant l'absence de morale et l'insouciance du pére (archétype du pauvre de notre Quart-monde qui est si proche), l'effroi de voir l'erreur et la fatalité frapper froidement lors de la quasi-noyade dans le canal. Seule la force du lien filial qui saisit le pére permet une porte ouverte. La loi naturelle servirait la dynamique du changement face à l'inertie et à la condition qu'impose la société ?
On le voit un film d'une grande complexité psychologique. Sans concession et dans la méme veine que les oeuvres précédentes des même réalisateurs ("Rosetta", "Le fils"), d' "Ossos" de Pedro Costa ou encore de "L'Humanité" de Bruno Dumont.
Palme d'Or a Cannes 2005.
Troublant de penser qu'on ne nous dépeint pas là un avenir ou une fiction mais une réalité proche bien qu'ailleurs.
@+, Bek

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