Autour du 15 Aout la France, Paris, sont morts. Tout le monde est en vacances. Les commerces, les restaurants et bars sont souvent fermés. Notamment les meilleurs. On en profite pour profiter de Paris. Un long week end (1 jour de RTT et la Ste Marie aidant) pour rendre visite à the_japanese_ConneXion (tjpX). Pour, en bon francais au mois d'Aout, ne pas déroger à la régle.
Et ce genre de long week-end ca se prépare. Hop, un coup de Pariscope pour viser les expos en cours dans la capitale. tjpX connait le Japon et Tokyo comme sa poche. Avec tjpX l'ambiance Japon est à la mode.Ca tombe bien car le Musée Guimet (de Paris) clot en ce 15 Aout 2005 une exposition exceptionnelle d'estampes japonaises provenant directement de THE musée, le musée Ota, mondialement connu pour sa collection.
Dernier jour avant fermeture, un jour férié. Brr, on craint l'affluence. En effet en surgissant de la station Iéna vers midi avec tjpX sous le bras une petite file s'étendait devant l'entrée. Trés courte, les heures creuses sont le secret des sillonneurs d'expos. Deux heures plus tard, en sortant, on découvrira une foule en attente. Dedans du monde mais regarder les oeuvres est encore agréable.
Bon alors je vais pas vous réciter ce qu'on apprend lors de l'expo. Il y a plusieurs termes japonais correspondant aux types d'oeuvres mais je n'ais pas noté précisément. C'est un peu comme nous pour la peinture à l'huile, la peinture sur bois, la gravure, etc ... Je ne cite pas ces trois techniques par hasard en fait car ici il y a des trois. Les estampes sont réalisées par pressage (selon différentes teintes ou couleurs) de gravures sur du papier. Au Japon ca se faisait plutot à partir du 16 éme siécle jusqu'à maintenant. Plutot au début aux abords d'Edo, l'ancienne capitale. Comme la technique est plus que mixte les artistes apposent tous leurs signatures sur les oeuvres. Ceci sous forme de sceaux.
Le peintre trace un croquis (enfin bon à ce niveau de détail le terme est il adapté ?) puis le graveur intervient qui reporte tout ceci sur un support en bois. Enfin un estampeur réalise le pressage avec pour les oeuvres les plus travaillées une retouche au pinceau.
Anciennement les oeuvres sont monochromes. Petit à petit la technique s'est améliorée et on à des oeuvres polychromes. On utilise pour cela plusieurs planches de bois gravés différentes.
Le plus interessant est ce qui est peint. Des visages d'acteurs de théatre Kabuki, des courtisanes. Egalement des scénes de la vie quotidienne : groupes de femmes surprises par l'averse qui s'abritent le long d'un triptyque, devanture d'une échoppe de marchand. Plus on avance dans le temps et plus tout gagne en détails. Une courtisane se dénude (ou s'habille, s'éffeuille ?) de 7 a 8 épaisseurs de kimonos. Tous on des motifs différents, on reconnait une chauve souris dont M. Batman aurait pu s'inspirer. Une autre est entourée de ses servantes qui tournoient autour d'elle. Elles ont l'aspect de leur maitresse, tels des clones, mais sont 5 fois plus petites (un sourire vous taquine).
Plusieurs vues de paysage démontrent la réelle efficacité de la technique. tjpX me faisait remarquer que l'artiste était allé jusquà froncer son support pour retranscrire (en plus du changement de ton des bleus) les vagues sur le lac. Les averses et les ponts sont là, parfois les deux de concert. On reconnait les oeuvres qui ont inspiré Van Gogh.
Outre les estampes l'exposition montre des rouleaux peints ainsi que des livres d'images. Et, du point de vue de la finesse de trait, le clou du spectacle : des éventails peints. Compte tenu de leur fragilité un vrai miracle qu'il soient ainsi conservés.
On croise des démons des marécages antropomorphes dévorant une escorte de princesse. Elle ne se doute de rien, enfermée dans sa chaise à porteur. Sourde au chaos qui régne à l'extérieur. Finira-t-elle dévorée ? Non ! dans la scéne suivante de ce rouleau peint un chevalier nippon libérateur lutte contre un des démons.
Histoires et mythes universels, merci à ces artistes japonais pour leur démonstration à travers les siécles.
Allez a Tokyo pour tout voir car à Paris c'est fini.
@+, Bek
bande son : The Cure, Bloodflowers, Watching Me Fall.
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