Au Cinéma on voyage beaucoup. Japon, Afrique, Bosnie, Mars. Aujourd'hui l'escale c'est Tel-Aviv en Israel. Depuis "Intervention Divine", ca faisait longtemps. Et encore c'était entre Israel et Palestine.
Au Cinéma on explore beaucoup. Des relations, des thématiques. Ici la mére et la fille, l'amour tarifé, le mal de vivre..
Au Cinéma ces temps-ci on parle de road movie ("Carnets de Voyage", "Exils") ou de familles éclatées ("5x2", "Nobody Knows").
Cinéma d'ambiance diverses mais aussi de la récurrence.
Ici donc Tel-Aviv. Finalement lire un peu quelques critiques avant de plonger (s'affaler sur 3 siéges du Star, quel luxe !!!, avec une queue d'une personne en prime) dans ce film c'était un peu dommage. Car on a tout à gagner à deviner quel est le métier de la mére. Pas immédiat et se ménager ce suspense présente un intéret certain.
Donc Or (la fille) et Ruthie (la mére) vivent ensemble dans le même appartemment de Tel Aviv.On imagine toujours les israeliens riches, ou du moins aisés. Image d'Epinal car ici on est loin du luxe. Pour survivre la mére se prostitue. Manifestement elle apprécie cette vie facile car elle ne peut s'en passer. Or lutte journellement pour voir enfin sa mére choisir de gagner sa vie plus dignement. Elle lui trouve une porte de sortie en tant que femme de ménage. Porte de sortie illusoire et aussitot refermée.

Finalement Tel Aviv ressemble a s'y meprendre à n'importe qu'elle grande ville occidentale : rues grises, jeunes à l'abandon. Et Or se situe également dans cet abandon. Elle aime les garcons et l'amour charnel, à l'image de sa mére. Et lorsqu'elle connait l'Amour avec Ido, son voisin et compagnon de tous les jours, la morale revient au galop sous les traits de la mére de celui ci. 'Or traine trop avec les garcons'. Au désespoir d'un univers sous pression (Israel dérégulé par l'argent facile et la guerre) succéde le désespoir de l'univers intime (le sceau, indélébile, de la prostitution).
Or se lancera à nouveau dans le métier suivant ainsi une filiation inéluctable. A la mére au corps vieillissant s'oppose la fille dans la fleur de l'age. Maladie, avortement (?), à l'image des malheurs de la mére on devine le destin de la fille. Avec cette scéne de réglement du loyer en nature où, comme dans un passage de relais, c'est Or qui oeuvre en lieu et place de Ruthie.
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Impossibilité de quitter le monde de la prostitution, impossibilité de ne pas y entrer, le portrait ainsi brossé est bien pessimiste. Un film interessant et malgré tout beaucoup de complexité dans la relation mére fille malgré un budget annoncé comme trés limité. L'auteur améne la scéne finale qui provoque un léger sentiment d'angoisse. Angoisse prolongé par l'absence de réponse et le déroulement de la bande son comme ultime réponse.
@+, Bek
Bande son : France Culture, ca y est le projet des Halles à Paris semble choisi.




wow... personnellement je pense que seules les filles peuvent "vraiment" comprendre ce film... et je ne crois pas que la mere "apprecie cette vie facile", comme tu dis... c'est une drogue et en general on n'aime pas la drogue, elle devient necessaire pour survivre. Parfois, on peut etre pret a tout, y compris ce genre d'humiliation, pour recevoir un semblant d'affection, et qqls billets, accessoirement. Bref, ce film m'a bcp touchee mais je n'ai pas eu le courage d'en faire une note. C'est un peu réparé...
Posted by: misscat | Dec 23, 2004 at 22:13
--> MissCat
C'est d'autant plus particulier que j'écoute en ce moment l'émission de la semaine derniére du 'Masque et la Plume'. Ils reviennent sur ce film. Le soir ou ils ont crititiqué le film ils n'y avaient que des hommes sur le plateau. Avec une vision proche de la mienne sur l'aspect 'vie facile'.
Les auditrices ont reprochés ce point de vue pour le ramener prés du tien. Point de vue différent, peut étre un peu plus subtile.
La détresse affective malheureusement beaucoup la vivent. Quelle époque !
@+, Bek
Posted by: bekassou (himself) | Jan 02, 2005 at 20:19