C'est une petite critique remaniée du film (postée initialement sur news:fr.rec.cinema.discussions) vu à Paris (UGC du forum des Halles). Il y avait pas mal d'affiches dans le métro et j'avais envie de me lever tot un samedi matin tout en occupant ma journée. Sur l'affiche on voyait Melville Poupaud habillé en majordome. Un rôle qui ne tiens pas habituellement, il a souvent des roles de jeune étudiant.
Le film est plutot assez enthousiasmant finalement. L'occasion de voir Melville Poupaud dans un film un peu plus "grand public" pour une fois (ca change de "Shimkent Hotel"), il est excellent en aide dominateur professionnel. Catherine Frot est elle même trés jolie en quadragénaire (ah le demon de midi) et un peu moins fofolle que d'habitude. Derniére apparition de Jacques Francois à l'écran, égal à lui même (il restera un éternel symbole de la vieille france entre bourgeoisie hautaine et envolée de franchises déjantées). Emmanuelle Riva joue toujours un role de sexagénaire timbré, on se rappelera son role de mére Alzheimerienne dans "Bleu" de Kieslowsky.
Donc tout le monde est dans son propre role mais l'univers est trés pittoresque. Et, cela a été souvent noté mais fait partie intégrante de l'expérience du spectateur, on est un peu destabilisé. Beaucoup d'humour (noir), ), la premiére arrivée du soumis en tenue bleue de plongeur foetal est hilarante. Le scénario est assez dynamique, il se passe pleins de choses. Un peu trop parisien a mon gout (on reconnait les bords de la Marne, ca parle d'Anvers, de Montparnasse, etc ...). C'est dérangeant aussi car chacun joue un peu avec les sentiments voir les corps de tout le monde. Bon je veux bien que l'époque veuille ca mais bon. Aprés tout c'est du cinéma.
La scéne de Melville Poupaud anglophone avec masque en cuir est trés trés fun. On s'ennuie peu car il y a toujours une péripétie qui vient relancer le cours des événements. L'habillage psychanalitique, ses deux pulsions de vie (eros) puis de mort (thanatos) misent en exergue. L'identité sexuelle trouble (l'homosexualité) et l'inceste, qui sont abordés comme thématiques, donnent au film une sympathique forme de clin d'oeil. La réplique du mari face à son épouse ('a partir d'un certain age on ne fait plus l'amour car avec sa femme on se sent incestueux') est assez bien trouvée, pour ne pas dire lumineuse (on peut se sentir en résonance avec le jeu des acteurs).
Pour le reste la catharsis est là (c'est une impression vécue, a partager ?) on est un peu encore dedans en sortant du ciné et en remontant les escalateurs.
@+

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